
Que nous apporte la conscience, sinon l'illusion de connaître et la certitude que la connaissance est illusoire ?
*
* *
C'est vrai, nous attachons de l'importance au besoin de connaître, mais en quoi connaissance et conscience diffèrent-elles ?
*
* *
Les deux mots existent, ils doivent donc traduire des notions distinctes. mais quand nous essayons de préciser ces notions, elles échappent à notre prise. Qu'est-ce qu'une connaissance qui n'est pas consciente ? Qu'est-ce qu'un conscience qui serait sans objet qu'elle-même ?
*
* *
Le langage populaire ne s'y trompe guère. Ne confond-il pas, in articulo mortis, conscience et connaissance ? On dit : il n'a plus connaissance ou il a perdu conscience. Y a-t-il abus de terme ou bien, au contraire, réduction à l'essentiel de sa signification ?
*
* *
Il semble toutefois que ce qui distingue la notion de conscience de celle de connaissance, ce soit le critère de référence, je veux dire la fonction, la finalité de ces deux phénomènes. La conscience est un sentiment qui concerne l'être, la connaissance un pouvoir qui concerne l'action. Maître être n'est-ce pas agir ?
*
* *
Jean MOURGUES - Réflexions sur l'Athéïsme